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Espace de l’intime

7

février

4

femme nue

(ce texte est issu d’une conférence donnée à Grenoble le 30 janvier 2013 dans le cadre du « Printemps du Livre » conscacré à « Espèces d’espaces »)

 

De la même façon que nous parcourons l’échelle du temps, notre temps, nous passons chaque jour d’un espace à l’autre sans même nous en apercevoir, sans y prendre garde, nous voilà dans un espace publique et nous recevons un appel amoureux et nous cherchons à nous isoler pour trouver dans cet espace public un peu d’espace privé, mais voilà que sur le trottoir d’en face, passe quelqu’un que nous avons connu autrefois, mais où ? Cela est difficile de nous en rappeler : nous faisons défiler des lieux anciens presqu’oubliés, tout un espace de souvenirs qui nous filent entre les doigts. Nous éteignons notre téléphone, il nous faut payer à la caisse les provisions que nous venons d’acheter, chercher de la monnaie, tout cela n’est pas très intéressant, « je dois préparer dans quinze jours un exposé pour le printemps du livre sur l’espace, le thème en est « Espèce d’espace », qu’est-ce que ça veut dire ? » Nous revoilà parti dans un espace intérieur : espace de souvenirs à nouveau : « qu’ai-je écrit là-dessus autrefois que je pourrais recycler ? », Mais c’est un peu court, un peu facile, tournons-nous vers l’espace immédiat de la pensée, du savoir, de la connaissance : « l’espace, un truc mathématique au fond, l’espace est subordonné au temps, non ? Einstein n’a-t-il pas dit un truc comme ça ? Oui, mais les maths, ce n’était pas mon fort, il faut bien l’avouer : si tu avais travaillé un peu plus, tu serais moins à la peine, au fond tout se paie, tout cela c’est bien fait pour toi ». S’ouvre devant moi l’espace, que dis-je, le gouffre sans fond, le trou noir, celui qui absorbe tous les espaces, de la culpabilité : fuyons ! « Il serait utile que je regarde sur internet ce qu’il y a à ce sujet : un peu d’espace virtuel après tout ». « Oui mais pourquoi parle-t-on d’internet comme d’un espace virtuel, c’est finalement assez réel ce qu’on y trouve, parfois même le réel le plus brut par exemple la pornographie. Oui, mais là je m’égare, je m’égare, internet n’est-ce pas un espace imaginaire, non, plutôt imaginé à vrai dire, souvent imaginé par d’autres qui veulent me refiler des trucs dont je ne veux pas, dont je n’ai pas besoin… Ah ça, c’est l’espace capitaliste : confondre mes besoins et mon désir, me faire croire que je manque d’un objet dont je n’ai pas besoin… »

Les sociétés dites post modernes ont elles modifié l’espace, nos espaces ? Voilà bien la question… je me retrouve avec l’espace comme avec le temps : je passe d’un espace à l’autre comme je montais il y a deux ans dans la machine à explorer le temps sans savoir vraiment où me poser…

 

Comment s’organisent entre eux tous ces espaces ? Car nous les construisons, ce sont les hommes qui les construisent, les animaux hantent plutôt des territoires biologiquement organisés, nous, nous formons des espaces où vivre, nous construisons des lieux où habiter, même la langue, notre langue maternelle ou non, est un lieu que nous habitons, Heidegger et Lacan ont très bien dit ça. Si nous passons si facilement, mais parfois durement (il y a des lieux du souvenir où je ne veux pas aller, des choses que je ne veux pas regarder, des espaces où je ne peux plus me rendre, parce qu’il y a trop de monde ou au contraire parce qu’ils sont vides ou mal fréquentés ou parce que c’est la nuit…), c’est justement parce que nous avons édifié ces espaces, que nous les avons cloisonnés, que nous les avons protégés, interdits, sanctuarisés, sacralisés… Nous nous y promenons tant que nous pensons qu’ils sont sûrs et peu risqués sinon nous les désertons : le phobiques a une vision très précise et très exigeante  de l’espace, il y a pour lui des lieux interdits où l’angoisse est maîtresse ; l’obsessionnel, lui, passe son temps à prendre des précautions infinis pour épurer son pré carré, tandis que l’hystérique redécoupe finement l’espace de son corps.

Il n’y a pas d’espace sans représentation, partons de là c’est un point fixe provisoire, très provisoire, mais suffisant pour évaluer un moment de quoi il s’agit. M Foucault s’empare de cette question dans son livre Les mots et les choses  avec le regard qu’il pose sur les Menines. Il écrit superbement : « Peut-être y a–t-il dans ce tableau de Velasquez, comme la représentation de la représentation classique, et la définition de l’espace qu’elle ouvre. »

L’espace de la représentation classique, et ce qui intéresse en l’occurrence Foucault dans son texte, son instauration (ce qu’il appelle « la représentation de la représentation »), c’est-à-dire la façon dont l’époque classique soutient la représentation de soi et par là-même le lien subjectif qui en découle, c’est, en référence au tableau de Velázquez, ce que l’on pourrait appeler l’élision de l’absence en majesté. Le sujet, nous dit Foucault, a été élidé dans le vide du tableau. Le spectateur du tableau contemple un peintre peindre un modèle que le spectateur ne peut pas voir puisqu’il occupe sa place, la place du sujet peint, et donc représenté. Tout au plus peut-il deviner, grâce à des reflets dans un miroir situé derrière le peintre et quelques indices disposés sur la scène picturale, que le sujet qui pose devant le peintre et dont il occupe la place en tant que spectateur, l’objet de son tableau donc, est constitué par le ou les souverains d’Espagne.

Toute cette mise en scène, assez complexe, assez labyrinthique, découpe l’espace, celui que Foucault appelle l’espace de la représentation, mais qui est évidemment aussi notre espace psychique, notre espace subjectif et ce dans la mesure où si, le sujet lui même ne peut être en tant que tel représenté et encore moins présenté, de multiples indices, des effets de miroir en représentent, en manifestent l’absence. C’est répétons-le, pour Foucault, la représentation classique de la représentation et, disons-le, la représentation que nous pouvions, nous les êtres humains, nous donner à l’ère moderne, au temps de l’aufklarung, des Lumières.

Ce découpage de l’espace n’est sans doute plus vraiment le nôtre et le dispositif qui le représente, en conséquence n’est plus le même. A l’ère de la téléréalité, s’il fallait trouver un dispositif contemporain de la représentation je choisirais plutôt le loft.

Le fonctionnement du loft retourne en apparence au moins celui des Menines. Dans le loft le spectateur, en l’occurrence un téléspectateur, était face aux sujets de la représentation, tellement face à eux, qu’il s’agit sans cesse d’une présentation plus que d’une représentation. Il existe évidemment divers dispositifs pour voir et montrer les sujets en question, dont un, le « confessionnal » dans lequel à tour de rôle chacun devait se dire, s’exprimer et surtout se montrer devant le regard de l’autre, en l’occurrence celui des téléspectateurs. En apparence on est là devant un système dans lequel il s’agit de voir, de scruter à tout prix, et de montrer. Mais de montrer quoi ? Car le paradoxe de ce dispositif, comme on l’avait beaucoup écrit à l’époque, c’est qu’il n’y avait rien à voir, tout le monde regardait, tout le monde en parlait : en classe, au bureau, à l’usine, à la maison et tout le monde disait la même chose : « il n’y a rien à voir ». Comme dans les Ménines, le sujet est ailleurs, ce qu’on nous montre ne coïncide pas avec le sujet de la représentation.

Mais ce qui importe ici, c’est que le découpage de l’espace n’est pas le même. Dans le loft le sujet s’et complètement absenté, on pourrait dire qu’il est forclos tellement on le veut visible. Le loft décrit et décline ce que j’ai appelé une « transparence de l’imaginaire » et qui est un des grands fantasmes contemporain, un des grands fantasmes de l’ère post-moderne, sans cesse à l’œuvre dans les médias, en politique, mais aussi à la maison ; cette idée que tout est à voir, que tout est à montrer, que tout ce qui est caché doit impérativement être dévoilé. Or l’idée d’un sujet qui n’aurait rien à cacher est celui d’un être dont l’espace psychique serait en quelque sorte sans intériorité, clairement accessible et sans délai au regard de l’autre, un espace horizontal et sans profondeur et dont toute tentative d’échappement provoque la contre-réaction : « on nous cache tout, on nous dit rien, plus on apprend, plus on ne sait rien » dont la version sociale est l’attrait pour les théories du complot qui se multiplient sur le net. Ce n’est plus Dieu qui voit le tréfonds de notre âme car il n’y a plus ni Dieu ni âme mais nous qui devrions devenir transparents car, bien sûr, nous n’avons idéalement rien à cacher…

Ce que cette histoire du loft nous a appris c’est que plus on veut voir, plus on scrute, plus on s’abandonne aux délices de la pulsion scopique, moins on voit. Dans le loft, il n’y a rien à voir ou alors il y a à voir le rien. On ne peut directement voir la chose en soi et encore moins le sujet en soi. Ces personnages du loft choisis parce qu’ils n’ont rien à faire dans leur vie que de s’offrir au regard de l’autre, ne sont rien, ils sont littéralement désubjectivisés et la meilleure preuve en est que les participants des reality shows revendiquent maintenant un statut de comédien.

 

Cette transparence de l’imaginaire est maintenant à l’œuvre dans la construction de nos espaces psychique qu’on le veuille ou non, elle induit toute une problématique (et donc toute une pathologie, c’est à dire tout une clinique) de la reconnaissance : il s’agit constamment d’être vu, de se donner à voir, de s’exposer, pour être reconnu. Celui qui n’est pas vu, dont on ne parle pas, n’existe pas. Mais, en la matière, chacun sait que l’on n’est jamais assez reconnu, la reconnaissance, c’est comme la vache qui rit, c’est une régression à l’infini.

 

Ce qui est intéressant, c’est la façon dont nous construisons tout au long de notre histoire les espaces que nous habitons et comment nous organisons des espaces extérieurs qui sont parfois le reflet de nos espaces internes.

Cette représentation de la représentation, quelle que soit la façon dont elle opère, est un dispositif pour saisir l’insaisissable ou du moins pour le cerner. Ce que nous sommes, nous ne pouvons le connaître absolument, il y a toujours quelque chose qui nous échappe et qui nous fuit, quelque chose qui reste en réserve. Ce que nous mettons en réserve, appelons-le l’intimité. L’intimité est une espèce d’espace assez curieux. Etymologiquement Intimus signifie au fond, à l’intérieur, et le verbe intimo, conduire dedans (pénétrer). Il y a donc à la fois l’idée d’une intériorité essentielle et dans le même temps un mouvement de pénétration voire de viol. L’intimité est excitante puisqu’elle est à la fois caché, protégée, mise « tout au fond » et que ce mouvement de protection et de dissimulation suscite structurellement, comme on aurait dit dans les années soixante-dix, sa profanation, sa pénétration. Le viol n’est donc jamais le seul forçage d’un corps mais toujours le forçage du sujet dans ce qu’il ne sait pas de lui puisque c’est tout ce qu’il avait mis « au fond », en réserve. Le viol, c’est le crime contre la subjectivité par excellence.

La construction de cette intimité en aplomb de l’imaginaire de la transparence qui régit notre époque est compliquée. On le voit à l’adolescence avec la découverte de la violence du regard de l’autre, soit ce qui sévit dans les collèges et lycées sous le nom de « réputation ». Réputation fluctuante au gré des qu’en dira-t-on comme de toujours, mais renforcée par des outils sophistiqués, je pense ici à facebook qui est l’instrument par excellence de la transparence de l’imaginaire puisqu’il s’agit de montrer, d’exposer, ses pensées, ses considérations, la dernière fête, le dernier voyage, le dernier petit copain, etc., etc., et parce que l’on s’imagine que tout ça pourrait finir par nous donner une quelconque consistance subjective… Jusqu’à ce que le dernier petit copain en date, mécontent ou jaloux, s’amuse à l’aide de son téléphone portable à mettre sa copine en fâcheuse posture en la postant sur son site en tenue très légère et en train de réviser le Kama Soutra. Et c’est ainsi qu’on pourrait s’imaginer que la pornographie qui est partout sur le net puisse servir d’éducation sexuelle. Puisqu’il s’agit d’instruire autant montrer et montrer franchement et oui, pourquoi pas après tout, soyons libérés ! Sauf qu’évidemment passé l’excitation, il ne reste que la chair, voir la viande, comme le disait Françoise Dolto, et que rien n’est dit, ni même balbutié de la difficile rencontre avec l’autre.

On pourrait de façon plus soft, tout aussi bien prendre l’acquisition du mensonge chez l’enfant (et donc de la création d’un espace soustrait à la transparence du regard de l’autre) qui laisse interloqué bon nombre de parents : « et en plus Docteur, il me ment ! ». Ou encore la multiplication des caméras de surveillance dans des espaces publics qui le sont de moins en moins à commencer par des lieux dit de « soin ».

 

Pour le psychanalyste, cet espace de l’intime, ce lieu « en réserve », est celui qui est borné et bordé par le désir. Ce n’est pas l’espace privé dont on aurait envie de dire que les obligations contemporaines semblent être sans cesse de le rendre public, c’est un lieu vacillant, incertain, méconnu du sujet lui même encore une fois, celui d’où surgit sa subjectivité, toujours en construction, en émergence. Ce qui est étrange c’est que ce lieu est affligé d’une qualité qui devient incompréhensible dans le monde contemporain, c’est un espace d’innocence. Innocent comme l’est par excellence le désir du sujet, un sujet dont la caractéristique essentielle est d’être mu par un désir dont l’objet, comme le disait très bien Buñuel, est obscur. Le désir est donc innocent parce qu’il ignore son objet, et que nous, sujet, du coup, entrevoyons avec beaucoup de difficulté ce qui nous meut.

Cette innocence est à bien des égards insupportable à bon nombre de nos semblables et ce d’autant plus, faut il le répéter, que tout ce qui est caché est suspect.

En dehors du pervers qui depuis la nuit des temps ne jouit que de violer l’innocence de l’autre et de son désir, le vingtième siècle a connu un certain nombre de spécialistes de l’intimité et de son saccage organisé et revendiqué. L’un de ceux-ci et pas des moindres est sans conteste Staline et sa devise célèbre : « nul n’est innocent ». Il avait parfaitement compris, ce que les inquisiteurs avaient déjà perçu avant lui, que l’aveu poussé à son extrême fait dire à n’importe qui en apparence n’importe quoi, à commencer par ce qui est ignoré du sujet. Il avait aussi compris que l’important n’est pas dans l’aveu du sujet mais dans la procédure qui le conduit à avouer puisque de tout façon, même s’il l’ignore, il a quelque chose à avouer. Il s’est trouvé un grand nombre de victimes pour admettre qu’ils avaient bien du commettre ce dont on les accusait puisque au fond eux, ils ne savait pas mais que Staline, lui, « devait bien savoir ». L’Homme Nouveau que réclamait le socialisme soviétique devait être un homme sans malice et, paradoxalement, sans innocence, complètement visible dans son être d’homo socialicus. La transparence de l’imaginaire portée à son apogée…

Plus l’on nous veut transparent, plus l’on veut faire voler en éclat les fragiles espaces intérieurs que nous bâtissons, plus nous nous sentons obligé de nous mettre en réserve au point de s’y perdre. L’effondrement dépressif, si fréquent à notre époque, est toujours l’effondrement de la construction de notre intimité.

 

Car cet espace intime qu’il nous faut sans cesse protéger, est essentiellement un lieu de langage, un espace dont la connaissance réfractée n’est presque que de parole, d’où bien sûr, toutes les procédures liées à l’aveu pour tenter d’en avoir quelque connaissance. En réalité, l’intimité ne se révèle que partagée, quand on a littéralement trouvé quelqu’un ou quelques uns à qui parler. « Venez ce soir, nous ne serons qu’entre intimes » dit, Mme Verdurin au narrateur de la Recherche du Temps Perdu, lui ouvrant ainsi l’espace de son salon. Ou plus sûrement l’amant, ou l’amante, l’ami fidèle, parfois le psychanalyste.

Pour le reste il faut savoir se taire, comme le rappelle Wittgenstein « ce qu’on ne peut pas dire il faut le taire ». Se taire par les temps qui courent est si difficile. Se taire nous permet de nous garder en réserve, de subsister, de résister.

La grande poétesse russe Ana Akhmatova sauve sa peau en acceptant, de se taire, de ne plus publier, que peut on faire d’autre sous Staline ? Elle apprend ses poésies par cœur et les fait apprendre à son ami Ossip Mandelstam sans plus les écrire de peur que l’on saisisse ses papiers ou que l’on finisse par la déporter et la faire disparaître.

Et, comme Ossip Mandelstam, si nous venons à partager l’intimité de l’autre, alors nous avons aussi le plus grand devoir de la garder en réserve. Il n’y a d’espace que partagé mais pas pour tout le monde et pas avec tout le monde

  1. Très intéressé par l’intime qui devait, jusque il y a peu, révéler le « fond » de la (ma) personnalité, j’en ai découvert la multiplicité. Le « je » de Descartes bien qu’humilié par Nietzche est composite et surtout anachronique. Fait par ceux avec lesquels « je » se construit, « je » est aussi détruit mais l’examen attentif et surtout positif de ce qui fait vivre « je » (et non pas mourir) ouvre à la gratitude et à la décrispation, voire à la paix intérieure. Ceux dont je vis et ce dont je vis, sont autres que moi-même. C’est en me les appropriant, en faisant la synthèse, que « je » devient. « je » est donc bien moi mais dans le kaléidoscope des autres, de tous les temps (y compris de l’avenir).
    Cette gratitude envers mon héritage, parfois immémorial, est une discipline car elle est à reprendre sans cesse sous peine de clôture sur un « moi » illusoire (île-lusion). La vie fuit par les deux bouts et la mort aussi. Elle n’est pas son dernier mot comme la naissance son premier ! Une vie échappant à la mort (une vie spirituelle) est donc possible (un fait)en dehors de tout adhésion religieuse. Elle est comme les autres spiritualités, source d’espérance et de responsabilité, deux ingrédients de la Liberté.

  2. merci de votre commentaire. Voir le beau texte de François Julien « de l’intime, loin du bruyant Amour »
    cordialement

  3. merci de votre commentaire. Voir le beau texte de François Julien « de l’intime, loin du bruyant Amour »
    cordialement

  4. Moi je dirais un espace c’est une rue. Ma rue, la votre ou la mienne ? La notre. A moins que cela est un rapport avec une zone industrielle en devenir ? Je ne sais pas encore mais je cherche…

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